Le jeune hoplite

N. Lygeros

Traduit du Grec par A.-M. Bras




L’armure en laiton était trop lourde pour le jeune hoplite.
Il l'examina avec curiosité.
Il se demandait comment elle le protégerait.
Surtout qu’il ne pouvait même pas la soulever.
Au même moment, il entendit un cri !
Il eut peur.
Mais il ne le montra pas.
Alors un bruit suivit.
Une lance venait droit sur lui.
Rapidement il leva le bouclier sans penser au poids.
Il parvint à se protéger de justesse.
- Bravo, disciple.
Il connaissait cette voix mais ne dit rien.
Il continua à tenir son bouclier.
Alors il reçut une deuxième lance.
Encore une fois le bouclier le protégea.
- Maître ?
- Dis-moi.
- J'ai compris la leçon.
- Maintenant tu sais que son poids est sa protection.
- Et s’il était en bois ?
- Nous serions perses et pas grecs.
- Et dans la bataille ?
- Tu perdrais ta vie.
Le disciple finit par se lever sans laisser le bouclier.
Ce n'est qu'alors que son maître lui donna une épée de fer.
Lui portait déjà une armure lourde et des jambières.
Partout elle était abîmée mais il ne la changeait pas.
Il l’avait déjà à Marathon.
- J'ai le droit maintenant ?
- Oui, parce que tu es vivant.
- Et si j'étais mort, maître ?
- Tu ne serais pas mon disciple.
- Bien, maître.
- L'épée fait la différence.
- Avec la courte lance.
- Exactement, et la différence fait la différence.
- Et maintenant ?
- Frappe-moi.
Le jeune hoplite resta immobile.
Il ne pouvait pas frapper son maître.
Même si c’était lui qui le demandait.
- Tu dois apprendre.
- Mais je ne peux pas.
- Alors même pendant le combat tu ne pourras.
- Je serai à vos côtés.
- Alors montre-moi la transcendance que tu feras.
Alors le disciple se rendit compte que s’il ne suivait pas le maître, il reculerait devant l'ennemi.
Et quand il leva l'épée de fer, commença la leçon du maître.
Ils allaient rester vivants dans la bataille qui suivrait.








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