Décalage diplomatique

N. Lygeros




La question orientale a un seul avantage, c’est celui de mettre en évidence la notion de décalage diplomatique. Comme à notre époque la géostratégie et la géopolitique ne cessent de se mêler dans le cadre diplomatique, ce dernier est devenu l’outil médiologique par excellence. Chaque état membre de l’Union européenne connaît la position des autres sur la question orientale, la véritable position mais ne cesse de jouer la carte du discours diplomatique, afin de ne pas subir la moindre répercussion de ce vieux candidat de 1963. Ainsi nous en arrivons aujourd’hui à entendre que des pays comme l’Arménie, Chypre et la Grèce qui ont connu les pires des souffrances et même un génocide, sont favorables au sujet de cette question. Cependant il faut nous interroger sur la nature véritable de leurs points de vue. Chacun de ces pays frontaliers est un petit pays qui peut non seulement difficilement imposer son opinion mais qui subit encore de nos jours une pression réelle et intense de la part du gouvernement actuel de la Turquie. Ainsi incapables d’imposer une volonté ils tentent d’employer et d’exporter une méthodologie typiquement européenne même si par ce biais leur politique devient pour ainsi dire incompréhensible à l’ensemble de leur population. De ce choix provient la difficulté de positionnement de leurs communautés qui vivent en Union européenne et qui observent malgré elles ce décalage diplomatique. Le problème c’est que ce phénomène est général et met particulièrement mal à l’aise les citoyens français qui sont traditionnellement des fervents défenseurs des droits de l’homme. Car pourquoi lutter pour des causes qui ne sont plus officiellement reconnues comme importantes par les pays qui en ont subi ou subissent les conséquences.

Les défenseurs des droits de l’homme se retrouvent dans la situation d’un chevalier à la triste figure dont l’auteur par peur du plagiat préfère le faire mourir. Cette fois, le décalage diplomatique est bien trop grand pour être supportable. Pourtant la lecture du rapport est clair ainsi que la stratégie sur trois piliers alors pourquoi continuer ce discours diplomatique hypocrite qui ne conduit nulle part si ce n’est à un échec avec un risque urgent en ce qui concerne la constitution qui ne doit être en aucune manière liée à la question orientale. Nous ne pouvons oublier avec une telle désinvolture tout ce qui caractérise le fait d'être des citoyens européens à une époque où nous ne représentons qu’une petite minorité qui s’occupe véritablement des droits de l’homme. Il ne s’agit pas simplement d’une question de principe, car ce décalage diplomatique finit par devenir tellement important qu’il en devient nuisible sur le plan de l’efficacité en matière de géostratégie et géopolitique.







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