Après le chapitre 7

N. Lygeros




Ce fut ainsi que commença une nouvelle période de mon existence. Après cet esclandre et le bouleversement qu'il provoqua jusqu'au fond de mon âme, je me rendis compte que plus rien ne serait comme avant. Comment pourrais-je regarder en face Piotr Alexandrovitch sans me sentir accusée d'un crime que je n'avais pas commis ? Si seulement je n'étais pas entrée dans cette bibliothèque. Si seulement je n'avais pas cherché un présage dans le roman de Walter Scott. Non, je ne pouvais regretter mon entrée car ces livres m'avaient ouvert tout un univers. Je restais dans ma chambre incapable de dormir tant mon cœur continuait à battre follement. Je ne cessais de penser à Alexandra Mikaïlovna et à son regard si plein de tristesse. J'étais inquiète pour elle. Je revoyais l'image de ma mère dans son lit, seule et désespérée de n'avoir pas eu le temps de vivre réellement auprès de mon père. Je sentis le moment où j'allais avoir une nouvelle crise, alors je me levai lentement de mon lit et je me mis à marcher de long en large comme un ours en cage. Cette situation était intolérable. J'avais tout essayé et pourtant un sentiment d'injustice m'étouffait. Puis soudain je repensais à la phrase d'Ovrov le secrétaire de Piotr Alexandrovitch. Que pouvait-il vouloir de moi ? Son salut avait été respectueux, de cela j'en étais certaine. Alors pourquoi avoir vu une ambigüité dans son sourire. Cette impression furtive était-elle seulement une vue de l'esprit ou une réalité ? Le souvenir de la souffrance d'Alexandra Mikhaïlovna interrompit brusquement mes pensées. Demain n'était qu'un autre jour alors que je me demandais si elle allait passer la nuit…

 







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