Pro Fide et Utilitate Hominum

N. Lygeros




Les ignorants de l'ombre pouvaient penser que c'était une simple devise mais cela n'était pas le cas.
Pro Fide et Utilitate Hominum.
C'était un mode de vie dans les deux vies que les chevaliers devaient traverser pour atteindre le but ultime.
Il était vrai que la société ne pouvait comprendre ce genre de personnages. Cela n'avait pas d'importance comme l'avait dit un ancien grand maître. Ces hommes préféraient être haïs en faisant le bien plutôt que d'être aimés en faisant le mal.
Peu de personnes pouvaient tolérer cet esprit. Car ces hommes étaient rares. Et cette rareté n'était pas compatible avec la société des identiques.
La vieille ville supportait les blessures de cette société mais ils continuaient à la reconnaître grâce aux signes du temps.
Il se dirigea vers le port et revit les horreurs du fascisme avant d'atteindre la mer. Là au bord de l'eau, devant sa chère mer Méditerranée, il sentit à nouveau cette bouffée de chaleur. Il eut l'impression qu'il était suivi et cette discrétion lui rappela son ami André.
Effet de bord.
Tout près de la tour.
Le corps à corps jamais oublié était encore plus intense comme si l'endroit était gorgé du souvenir du siège.
Il repensa à la population qui avait tant souffert mais aussi à celle qui ne savait pas encore la signification du sacrifice et de la résistance.
Le ressac était toujours le même.
Comme avant l'attaque, pensa-t-il.
La défense de la chaîne.
Il ne fallait pas l'oublier même si celle-ci était absence. Il regarda son ancien emplacement. La société s'en était débarrassée comme s'il s'agissait de quelque chose d'inutile.
Inconscience sociale.
Il faudrait reproduire ce motif.
Chaîne humaine.
Application de la théorie des ordres partiels.
Une nouvelle partition devait être jouée.
Il sentit son ami, le musicien.
Ils commenceraient donc par la musique.
C'était une autre manière d'apporter de la lumière dans cette obscurité. Il fallait remonter le temps pour redonner un sens à la vie qu'il avait perdu par absence de foi en l'homme et en la liberté. La société s'était habituée à la dépendance d'un bonheur factice. Elle était esclave de sa propre condition. Et en ce sens, elle n'avait plus de raison de vivre, encore moins de mourir pour une cause. Enfin l'humanité semblait une idée si abstraite qu'il était tout simplement impossible de lui donner de l'importance sans avoir compris son essence. Tel était le problème. Son ami lui chantonna dans l'oreille comme un murmure de la mer. Cette sonorité ne pouvait manquer de les toucher.
Seulement il fallait jouer sur un autre échiquier qui existait bien avant les événements.
Théâtre antique.
Il fallait retrouver la source de la lumière pour éclairer les hommes de l'ombre. Sans cela tout le monde serait victime de la barbarie.
Changement d'aile.
Ils écoutèrent ensemble Chopin.
Frédéric se plaça.







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