Les trois arches du combat (28)

N. Lygeros

Traduit du Grec par A.-M. Bras




Le pont aux trois arches attendait le choc des armes. Les trois arches supporteraient tout le poids du combat. Depuis des années les occupants y montaient la garde. Lui, il attendait l'heure de sa libération. Cet endroit tout entier sentait le fer et la poudre. Le fleuve hurlait entre les arches. Les palikares bronchèrent quand ils virent l'armée noire. Toutes les troupes de la région avaient été rassemblées pour repousser la légende. Mais les saints l'attendaient avec leurs armes. Les dents de pierre du pont mordaient le ciel. Les nôtres occupaient la cime des montagnes tandis que les autres encerclaient les trois arches. Le jour ne voulait pas tomber avant le combat et le crépuscule tardait. Le petit-fils avait rassemblé tous ses combattants et les fantômes des montagnes. Les armées s'entrechoquèrent et le pont s'embrasa. La fumée l'enveloppa et se perdit au-dessus du fleuve. Ce fut ce moment que choisit le voleur pour prendre la première arche avec les saints. Les ennemis perdirent leur sang-froid quand ils les virent si près. Personne n'avait pris conscience de leur présence. Ils fondaient sur eux de tous côtés et les extrémités de fer commencèrent à déchirer le vent. L'étrange poignée brilla et l'épée brisée se vengea. Les saints s'avancèrent vers la deuxième arche mais là-bas la résistance s'accrut. Les corps des morts baignaient le fleuve de leur sang. La colère des ennemis devint insupportable et les saints combattants commencèrent à fléchir. Ils ne firent plus qu'un avec le pont. Alors se jetèrent dans la bataille le petit-fils avec ses « Libres ». Et leur vague dévala les pentes de la montagne. La terre sèche déborda sur le fleuve et les trois arches se tendirent de toutes leurs forces. Pourtant à la troisième arche les ennemis avaient déjà isolé le voleur avec les saints.







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