L'encre de la pensée (22)

N. Lygeros

Traduit du Grec par l'auteur




Personne ne voulait défendre la bâtisse en pisé. Elle se trouvait dans la plaine et l'horizon était ouvert. Seulement la tête qui ressemblait à une citadelle avait pris sa décision. Ses épaules deviendraient rochers et sa poitrine remparts pour sauver la bâtisse. Il regarda ses palikares dans les yeux et son audace cria. Le premier, il mena la danse et qui désirait le suivre lui donnait la main. A la fin de la danse cent palikares s'enfermèrent dans la bâtisse, ouvrirent des meurtrières et attendirent l'ennemi. Celui-ci apparut le jour suivant, et il frappa avec acharnement les siens. Seulement personne ne fléchit. Il semait la mort et les corps s'amoncelaient. Ce ne fut qu'à la nuit que le combat s'arrêta. Il voulait amener des canons pour abattre la bâtisse. Ce fut alors que la citadelle de la pensée ouvrit le chemin et ils gagnèrent la montagne. Un destrier les conduisit sur le sentier caché. C'était la première fois qu'il regardait les hommes. Tous avançaient tels des fantômes de l'occupation. Personne ne croyait qu'ils étaient encore vivants. Sauf celui qui était déjà mort pour les siens. Son épée brisée avait une poignée étrange, seulement personne n'y prêtait attention. Seuls les ennemis perdirent leur sang froid en la voyant. Mais ils n'eurent pas le temps de parler. La mort les emporta quand les extrémités de fer déchirèrent le vent. Ils gagnèrent la montagne avec le poids de la vie. Leurs âmes la soulevaient encore une fois. Le combat avait commencé et ils avaient scellé leurs destins. Et un seul tenait le sceau secret et l'encre noire de leur histoire. Désormais les siens l'écriraient jusqu'à ce que cesse son encre.







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