La vérité de l’autoportrait

N. Lygeros




« Tu verras dans l’autoportrait
que je te joins que,
bien que je sois allé à Paris,
à Londres et dans tant d’autres grandes villes
des années durant,
j’ai toujours plus ou moins l’air
d’un paysan du Zundert...
et quelquefois,
je m’imagine que je sens
et pense aussi comme cela,
seulement les paysans sont plus utiles dans le monde.
C’est seulement quand on a tout le reste
qu’on acquiert le sens des tableaux,
des livres, etc. et le besoin d’en posséder.
Selon ma propre estimation,
je suis donc bien inférieur aux paysans.
Ma foi, laboure mes tableaux
comme eux leurs champs. »

Si Vincent se peint,
c’est qu’il manquait de modèles.
Il ne cherche plus la vérité,
il désire seulement la montrer.
À travers l’autoportrait
et son introspection
il fait son autocritique
mais à la manière de Socrate
dans son Apologie.
Il ne cache rien,
il ne ment pas,
il exagère sans doute
mais c’est toujours pour montrer.
La voie existe ;
il le sait, il l’a empruntée.
Seulement, il est seul
et il pense à son frère.
Il ne s’agit pas de quitter
ou même de pleurer
mais de souffrir ensemble
dans la même solitude
jusqu’à la délivrance.







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