La question crétoise

N. Lygeros






- Le siècle d’or de la Crète est donc si important dans l’histoire européenne ?
- Peut-être pas en histoire, mais en art cela est certain.
- Pourquoi une telle certitude ?
- C’est celle qui est chère au Greco !
- Le Greco était donc crétois.
- Oui, précisément.
- Pourquoi est-ce si peu connu ?
- Car les gens ne lisent pas ses œuvres !
- Je ne savais pas qu’il avait écrit.
- Il a signé.
- En grec ?
- Toujours.
- Intéressant...
- Apprentissage italien, gloire espagnole mais signature grecque.
- Est-ce révélateur ?
- À toi de le voir.
- Était-ce ton but ?
- Non. Un temps. Son origine est peut-être inconnue mais il appartient à l’histoire de l’art.
- Alors où veux-tu en venir ?
- Il existait un autre Crétois dans ce siècle.
- Comment se nommait-il ?
- Kornaros !
- Cela ne me dit rien.
- Cela ne me surprend pas.
- C’était un artiste ?
- Un poète, et son œuvre majeure s’intitule Erotokritos.
- Cela m’est parfaitement inconnu.
- Les obstacles de la langue…
- C’est possible.
- Pense au Don Quichotte de Cervantès, c’est la même époque.
- Je vois.
- Et pourtant comment imaginer son ampleur sans lire les dix mille vers de son œuvre.
- Tu as raison, c’est impossible. Aucune traduction n’existe ?
- Toutes partielles, mais une est fidèle à sa forme.
- Alors, pourquoi ne pas la faire connaître ?
- Il faut du temps. Kornaros attend depuis quatre siècles…
- Au moins, certains hommes le connaissent à présent.
- Mais qu’en sera-t-il dans le futur ?







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