Reconfiguration du noyau des relations humaines

N. Lygeros




Si nous examinons le noyau des relations humaines à travers le regard de l’intelligence et non de la société, nous nous rendons compte de la nécessité de le reconfigurer pour obtenir un individu qui soit libre et non dépendant de structures institutionnelles. Le problème des relations humaines au quotidien, c’est que les individus reproduisent des schémas mentaux sociaux afin de vivre une forme de bonheur artificiel. En réalité, ces individus ne sont que des points matériels dans la masse sociale. Sans volonté propre, ils suivent les contraintes sociales et le fait de cadrer strictement à celles-ci, leur crée un sentiment de confort. Seulement ce confort, c’est celui d’une prison sociale entièrement régie par la norme. Alors la difficulté pour les enfants surdoués, c’est de pénétrer dans ce milieu sans pour autant comprendre les règles de ce jeu. Ce dernier semble absurde pour des individus qui ne connaissent que la réalité humaine. Cette difficulté se retrouve dans le comportement relationnel entre des différents sexes. Persuadés d’appartenir chacun à une norme, ils tentent de se distinguer à l’aide d’attributs sociaux. Car le paradoxe de l’évolution sociale, c’est qu’elle tend à effacer les différences effectives. Aussi les individus de sexes différents tentent de retrouver leurs masques à travers des codes essentiellement artificiels pour des enfants surdoués. Ce phénomène est aussi présent dans les différentes classes d’âge. L’allongement de la durée de vie a créé de plus importantes tranches. Mais celles-ci ne se distinguent pas naturellement au moins sur le plan strictement humain. À ce niveau, l’activité sociale reprend le dessus et définit les hommes en termes d’actifs et d’inactifs. À nouveau cette autorité sociale désarçonne l’humain. Cet ensemble de contrastes a pour but le fameux bonheur social. En l’absence d’un véritable contrat à la Rousseau, les institutions nous proposent le bonheur. Ainsi dans cette société du spectacle, nous assistons à une déshumanisation des personnes. Afin qu’elles soient semblables, la société les considère comme identiques selon des critères strictement sociaux. Alors le vrai problème sur le plan humain, c’est comment lutter contre ces contraintes. Est-il possible d’accéder à l’homme sans révolte ? Comment accepter l’inacceptable ? En réalité, pour se rendre compte véritablement de la puissance du modèle social, il suffit d’examiner le cas des génocides. Ces derniers qui sont des crimes contre l’humanité, sont toujours orchestrés de manière massive, et ce, non seulement sur les victimes. En effet les bourreaux sont toujours innombrables. Cela permet de partager équitablement les tâches selon le modèle social. De cette façon, tout le monde participe, sans réellement se sentir coupable de quoi que ce soit. Cette responsabilité partagée permet de déculpabiliser tous les intervenants aussi bien actifs que passifs. Si un génocide est possible, ce n’est pas en raison de l’existence de forces ataviques mais bien grâce au fameux tissu social qui permet de donner un rôle à chacun. Ainsi personne ne se plaint. En réalité, la structure sociale ne permet pas la plainte. Cette structure est d’ailleurs si rigide qu’elle contamine les victimes elles-mêmes. Elles sont persuadées d’être coupables car elles gênent la société dans laquelle elles étaient intriquées. Ainsi nous comprenons que la lutte contre les génocides ne peut se passer d’une critique sociale et d’une reconfiguration du noyau des relations humaines.







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