L'agréable surprise

N. Lygeros

Traduit du Grec par A.-M. Bras




Place Syntagma

Myrsini : J’ai rencontré l’amie du pianiste…Un temps. Tu as vu ?
Michel : Ton chapeau est superbe.
Myrsini : C’est vrai, il te plait ?
Michel : Il est fait pour toi.
Myrsini : Agathe m’a dit la même chose.
Michel : Alors que rajouter ?
Myrsini : Quelque chose de plus personnel.
Michel : Avec son ombre, apparaît ta clarté.
Myrsini : Non, quelque chose d’autre. Avec ça, je reconnais le style de da Vinci.
Michel, souriant : C’est juste. Un temps.  Je devrais avoir honte.
Myrsini, riant : Je ne t’en demande pas tant. Un temps. Un mot doux seulement.
Michel : Tu es la caresse de ma vie.

Myrsini s’assied sur ses genoux.

Myrsini : Qu’a écrit mon philosophe ?
Michel : Des notes pour un essai.
Myrsini : Pourquoi  ne vois-tu  pas la belle journée qu’il fait aujourd’hui ?
Michel : Je vois sa douceur.
Myrsini : Quelle douceur? Je veux que tu voies sa beauté !
Michel : Il lui prend la main. C’est toi qui tu embellis mes jours…
Myrsini, en jouant des cils : Et toi mes nuits !
Michel : Myrsini !
Myrsini : Qu’est-ce que j’ai dit ? Elle rit.
Michel : Qu’est-ce que tu n’as pas dit ! Il rit aussi.
Myrsini, changeant de ton : Ne dis pas que tu écris sur l’humanité ?
Michel : Quoi d’autre ?
Myrsini : Regarde autour de toi ! Elle montre la place. Où vois-tu l’humanité ?
Michel : Dans le temps !
Myrsini : Mais ici n’existent que des instants.
Michel : Ce ne sont pas des instants d’immortalité.
Myrsini : Je sais. Un temps. Ce sont des morceaux de temps, comme les hommes.
Tu l’as dit dans une conférence. Un temps. Non ?
Michel : Oui
Myrsini : Et la joie ?
Michel : Quelle joie ?
Myrsini : La joie de la vie.
Michel : Reste sur moi.
Myrsini : Je ne suis pas ta vie…
Michel : Et cependant…
Myrsini : Tu es fou !
Michel : Ça dérange ? Il la serre dans ses bras.
Myrsini, un sourire aux lèvres : Non, bien sûr.
Michel : Je suis sauvé !
Myrsini : Toi, tu m’as sauvée.
Michel : De quoi ?
Myrsini : De l’oubli. Tu es ma mémoire. Avec toi j’existe et je vis.
Michel : Que dis-tu là ?
Myrsini : Je n’exagère pas. Un temps. J’y ai pensé plusieurs fois. Un temps. Avant, j’étais simplement de passage.
Michel : Ce n’est pas ce que nous sommes tous ?
Myrsini : Toi, avec l’humanité et le temps, tu m’as montré ce que nous pouvons réaliser.
Michel : C’est pour cela que tu peins ?
Myrsini : C’est pour cela que je peins ainsi.
Michel : C’est-à-dire comment ?
Myrsini : Avec toi ! Un temps. Chacune de mes œuvres appartient à l’humanité, parce que tu es à mes côtés. Elle lui donne un baiser.
Michel : Tu es la beauté de l’humanité. C’est pour cela que je te veux…
Myrsini : Ici ?
Ils rient tous les deux.







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