La découverte du soleil

N. Lygeros

Traduit du Grec par A.-M. Bras




Agathe : Le livre n’existe pas.
Ange : Tant pis.
Agathe : Mais grâce à une belle jeune fille, nous aurons la traduction.
Ange : La traduction ?
Agathe : Myrsini l’a et elle viendra avec Michel à la représentation.
Ange : Où les as-tu rencontrés ?
Agathe : Myrsini, à la librairie et elle m’a parlé de son ami. Elle est peintre. Elle va me montrer ses œuvres.
Ange : Et Michel ?
Agathe : Il est philosophe.
Ange : Philosophe ?
Agathe : Il écrit des livres
Ange : Pour qui ?
Agathe : Pour ceux qui écoutent ta musique !
Ange, riant : Qu’est-ce que je ferais sans toi ? Il l’enlace.
Agathe : Tu ne ferais rien. Je suis ta joie.
Ange : Oui, tu es ma joie.
Agathe : Tu jouais ?
Ange : Je n’ai pas arrêté.
Agathe : Je t’ai entendu de dehors.
Ange : J’espère que je ne faisais pas trop de bruit.
Agathe : Si on pouvait entendre plus souvent ce genre de bruit.
Ange : Si on pouvait écouter plus souvent le silence.
Agathe : Quel silence ?
Ange : Si tu savais comme les silences sont importants en musique !
Agathe : Je serais musicienne et pas institutrice !
Ange : Mais les maîtres aussi  savent combien ils sont importants.
Agathe : Les maîtres ?
Ange : Les maîtres de l’humanité.
Agathe : Je ne sais rien de cela.
Ange : Aucune importance. Ils le savent pour nous.
Agathe : Peut-être as-tu revu cet anormal ?
Ange : Non, je l’ai simplement senti près de moi quand je jouais.
Agathe : Mais, pourquoi ?
Ange : Parce qu’il n’oubliera pas le monde que je crée.
Agathe : Tout le monde oublie.
Ange : Seulement lui ne peut pas.
Agathe : Il est incapable d’oublier ?
Ange : Sa  mémoire est notre monde.
Agathe : Tu veux que je t’apporte quelque chose à boire ? Tout ça me fatigue.
Ange : Apporte moi un peu de vin ou…
Agathe : Du porto, d’accord ?
Ange : Parfait.

Agathe remplit deux verres et vient  près de lui au piano.

Agathe : À ta santé !
Ange : À la tienne, ma chérie !

Ils trinquent.

Agathe : Dis moi quelque chose.
Ange : Qu’est-ce que tu veux ?
Agathe : Pourquoi les hommes sont si étranges ?
Ange : Parce que la société est curieuse.
Agathe : C’est vrai qu’elle est curieuse.
Ange : Elle nous veut tous pareils.
Agathe : Mais nous ne le sommes pas.
Ange : Seulement nous le devenons… Sauf si nous découvrons le soleil.
Agathe : Toi, tu es mon soleil.







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