Note sur l’histoire des massacres pour le correspondant
spécial du Morning Post (Constantinople, le 5 décembre 1918)

N. Lygeros




Les massacres des Grecs organisés par les Turcs et les Allemands comme ceux des Arméniens, avaient pour but l’extermination d’une race.

.Sous prétexte de trouver refuge pour les Turcs chassés d’Europe par les guerres balkaniques, 250 000 Grecs furent expulsés.

.Alors que les persécutions d’avant la guerre avaient pour but l’expulsion des Grecs de Thrace et d’Asie Mineure, celles de la seconde période étaient entreprises pour réduire à néant la race hellénique de Turquie.

.En avril 1914, von Jagow excusait ces persécutions en déclarant que chaque Grec en Turquie était un agent du panhellénisme et, par conséquent, un danger pour le pays.

.Des agences allemandes, comme la banque allemande de Palestine se livraient à une propagande violente, poussant les musulmans à la haine des chrétiens.

.Accords d’Andrinople en juin 1915 entre les Turcs et les Bulgares

1) Union commerciale turco-bulgare comme corollaire de l’union politique.
2) Enlever le commerce de l’orient des mains des Grecs.
3) Etablissement des agences musulmanes destinées uniquement aux musulmans pour rompre les relations commerciales avec les Grecs.
4) Réduire les privilèges du Patriarche.
5) Défendre l’enseignement du grec à l’avenir.
6) Convertir de force à l’Islam la population des groupements chrétiens, imposer les mariages mixtes.

.Méthode des persécutions
1) Abolition des privilèges
2) Enrôlement des Grecs
3) Contributions et réquisitions
4) Conversions forcées à l’Islam
5) Déportations
6) Assassinats

.Les chrétiens furent incorporés dans des bataillons de travailleurs et envoyés à l’intérieur. Ceux qui en faisaient partie furent réduits à l’état de squelette, tant par les plaines brûlantes de la Mésopotamie que par les montagnes glaciales du Caucase. Ils mourraient par milliers. Des bataillons entiers succombèrent au typhus, au choléra. Nombreux furent ceux qui furent massacrés par les gardes turcs, fatigués d’avoir à les surveiller. Un informateur de toute confiance me dit que 150 000 Grecs enrôlés dans ces bataillons périrent.

.Environ 250 000 Grecs de Thrace et des côtes d’Asie Mineure réussirent à s’échapper en Grèce et parmi ceux-ci, 40 000 servent dans l’armée grecque en Macédoine.

.A cause de 300 désertions dans le district de Kerassonde, 88 villages furent rasés dans le courant de trois mois. Environ 30.000 habitants, surtout des femmes et des enfants, furent obligés de marcher en plein hiver jusqu’à Angora, sans avoir le droit d’emporter un seul objet avec eux. Un quart mourait en route.

.En décembre 1914, la ville d’Aïvali fut cernée par les Turcs. Tous les hommes furent arrêtés, leurs femmes et leurs filles furent violées.

.Ces déportations en masse furent décidées par le Comité vers le commencement de 1915. Une estimation très modérée établit à 450 000 le nombre de ces déportations.

.Rafet Pacha, ex-gouverneur de Bitlis fut envoyé à Samsoun avec l’ordre formel de devenir le fléau des Grecs. Il remplit sa mission intégralement.

.Plus de 150 000 furent déportés de ce district et de celui de Trébizonde. Craignant le sort des Arméniens, des centaines de jeunes filles se suicidèrent en se jetant dans les rivières. Dans la province de Samsoun, 108 villages furent entièrement évacués et brûlés.

.En résumé, on a la certitude que 450 000 Grecs ont été déportés et sont morts, que 150 000 furent enrôlés dans les bataillons de travailleurs et sont morts, que 250 000 se sont enfuis d’Asie Mineure et de Thrace en Grèce et que 350 000 furent déportés après les guerres balkaniques avant la grande guerre.







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