Artsakh et transport routier

N. Lygeros




La configuration géographique de l’Artsakh rend sa population extrêmement dépendante du transport routier. Certes ce dernier dépend directement du réseau routier mais pas seulement. Le réseau routier est par nature lent à évoluer alors que le transport routier est très dynamique. Le renforcement du transport routier permet d’effectuer un impact local à répercussions globales. En effet, par définition, le transport routier est censé desservir l’ensemble du territoire de l’Artsakh. Seulement ce n’est pas le cas actuellement et nous avons des villages qui se trouvent isolés car ils ne sont pas à proximité d’axes routiers principaux. Cependant certaines productions qui concernent l’agriculture et l’élevage ne peuvent se faire le long de ces axes. Pourtant cet apport est nécessaire à la population. Aussi nous sommes tentés de renforcer le développement des fermes. Seulement cette solution ne peut être que locale. En effet, si la ferme considérée est renforcée alors elle sera capable de produire plus que les besoins locaux. Elle devient donc, par nécessité, dépendante du service de distribution. Or celui-ci dépend du transport routier puisque l’Artsakh ne peut se baser sur une structure ferroviaire sans investir lourdement dans le domaine de la fabrication de tunnels, quant au déplacement fluvial, il est à exclure de facto, étant donné la configuration. Ainsi le transport routier se retrouve au centre du problème. En le renforçant il est possible de créer une dynamique de diffusion capable d’influencer l’ensemble des points de production et de consommation de l’Artsakh. Cette mesure ne doit pas être nécessairement gouvernementale ni dépendre d’un monopole absolu qui pourrait paralyser le pays en cas de problème. Par contre le gouvernement peut inciter des initiatives particulières afin d’avoir un transport routier efficace capable de donner du tonus à l’ensemble de l’économie. Un autre avantage de cette mesure, c’est la légèreté de l’infrastructure à mettre en place. Cela implique qu’elle ne peut pas non plus constituer une cible facile en cas d’attaque ennemie. Par ailleurs il est possible d’exploiter un exemple comme celui de l’île de Chypre qui utilise presque exclusivement le transport routier pour la distribution de marchandises. Il s’agit donc avant tout d’une volonté de la part de l’Artsakh et sans aucun doute de la diaspora d’investir dans cette mesure car il n’y a pas véritablement de difficulté technique. De plus, cela permet de recentrer des investissements non organisés de la diaspora qui créent des déséquilibres économiques car il s’agit avant tout de solutions locales qui ne se préoccupent nullement des effets indésirables. Tandis que le transport routier via son rôle central permet de renforcer l’ensemble de la situation économique de l’Artsakh.







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