Renforcement français de l’Union Européenne

N. Lygeros




L’axe franco-allemand était depuis quelques mois mis en position d’attente. Dans l’expectative du résultat des élections, la présidence de l’Union Européenne ne pouvait guère compter sur la composante stratégique que constitue la France. Elle s’est donc réservée et a préparé le terrain sans prendre de véritable initiative au sens dynamique du terme. Cette position en retrait de la vision continentale de l’Union Européenne a laissé une marge de manoeuvre considérable pour la vision outre-atlantique en particulier dans les relations avec la candidature orientale. Les élections en Grande-Bretagne ont nettement réduit cette marge et les élections en France renforcent d’autant plus la vision continentale. La France permet à l’axe franco-allemand de mettre en place une véritable restructuration interne de l’Union Européenne mais aussi un redéploiement des activités dans le domaine des négociations autour d’une représentation unifiée de l’Union Européenne sur le plan de la politique extérieure. L’arrêt soudain des réformes européennes en raison de l’affaiblissement de l’axe malgré les initiatives de l’eurogroupe avait semé des doutes quant au potentiel européen. L’absence d’un mix stratégique dans la politique extérieure s’est fortement ressenti et a laissé place via le scepticisme à une forme de misérabilisme particulièrement nuisible pour l’Union Européenne. Avec la fin de la campagne des présidentielles en France, le noyau le plus dur de l’Union Européenne peut entreprendre ses projets, promouvoir ses positions et défendre ses points de vue sur le plan international et pas seulement intra-européen. De plus, comme la phase de l’élargissement s’est stabilisée avec 2007, il est possible de bâtir une vision européenne sur un socle solide qui donne la possibilité d’échapper au principe du confinement que nous subissons. Les problématiques autour de la notion de frontière européenne, d’intégrité territoriale et d’indépendance politique, peuvent être mises en place sur de nouvelles bases. Ce nouveau souffle continental était nécessaire pour l’Union Européenne élargie car elle avait besoin de sentir la puissance d’un pôle européen qui organise la structure globale de l’Union Européenne avec les nouveaux pays membres. Cette attente était perceptible aussi bien chez les pays de l’Est que ceux de l’Est de la Méditerranée. Car l’eurogroupe sans noyau solide ne peut s’imposer malgré l’attirance qu’il provoque. Avec le renforcement français, l’Union Européenne via l’axe franco-allemand retrouve une configuration plus dynamique pour prendre les décisions qui s’imposent dans sa restructuration, dans sa transparence pour les citoyens et dans la protection de ces derniers. La composante française permet aussi d’accentuer la nécessité d’imaginer des acquis sociaux qui viendront compléter les acquis communautaires. Dans l’état actuel des choses, nous sommes donc dans une phase d’ignition d’un travail fondamental sur les conceptions visionnaires de l’Union Européenne.







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