L’heure du thé

N. Lygeros




Jadis l’heure du thé
ne durait pas seulement un instant.
Il avait un autre sens
plus profond et sans doute plus intime.
Sans nuage, sans sucre
le goût fumé du thé
était un poème sans poète.
Il appartenait au peuple démuni
qui ne pouvait boire autre chose
pour supporter la misère de l’exil
et la cruauté de la barbarie.
Il était le seul à chauffer
la chambre de bonne
de l’écrivain condamné à écrire
l’histoire d’une déchirure.







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