De la divergence des états à l’union des concepts

N. Lygeros




Certains persistent à donner de l’importance aux états alors qu’ils sont par définition statiques. Et d’autres ne réalisent pas l’importance des concepts évolutifs. En nous cantonnant aux états nous créons des structures rigides qui ne peuvent promouvoir des changements. De cette manière nous nous retrouvons dans un cadre non coopératif, au sens de la théorie des jeux. Chacun des états mise sur la conservation sans se rendre compte que rien ne va plus même si les jeux ne sont pas encore faits. L’absence de mouvement n’est pas la garantie de l’absence d’erreur. Dans un champ dynamique, l’immobilisme n’est pas nécessairement positif.

La divergence des états n’est pas une théorie abstraite mais un fait concret. Pourtant, cela n’implique pas une divergence dans l’action. En effet la notion même de convergence est basée sur celle de la divergence des états. Sans celle-ci quel serait le sens de la convergence et du mix stratégique ? Et c’est aussi dans ce sens qu’il faut comprendre la devise de l’Union Européenne à savoir « unis dans la diversité ». Certes pour des personnes qui recherchent à tout prix une identité surtout si celle-ci est nationale, il y a là une difficulté fondamentale. Néanmoins la réalisation de l’existence de cette difficulté permet d’accéder à la notion de structure ouverte. L’Union Européenne ne peut se contenter de n’être qu’une union d’états, au sens de la théorie des ensembles. Comme elle ne peut se réduire à une intersection. Sa structure interne est naturellement plus complexe puisqu’elle s’appuie sur un réseau de concepts et un groupe de schémas mentaux. Vouloir simplifier l’Union Européenne à outrance reviendrait à la transformer en un dossier de fichiers d’états. Dans ce cas, elle serait ontologiquement parlant dégénérée. Il est donc nécessaire de considérer des critères de convergence et une stratégie synchronisée. C’est dans ce cadre qu’il faut analyser le projet de constitution.

Le Traité de la Constitution ne peut lui non plus être une simple compilation de traités préexistants. Tout le monde connaît le principe des compilations. Il s’agit de l’amortissement à moindre coût de succès passés. Cependant en aucun cas une compilation ne prépare l’avenir, elle est, par définition, une phase terminale. La Constitution doit nécessairement préparer l’avenir. Ainsi elle doit jeter de nouvelles bases pour construire et restructurer l’Union Européenne dans un cadre fonctionnel. Et il n’est pas nécessaire d’être un expert dans le domaine diplomatique pour se rendre compte que l’état actuel des états, avec ce nombre d’états, n’est absolument pas fonctionnel. Cela arrange bien sûr d’autres états qui se présentent unis et qui ne sont en réalité qu’une simple compilation. Car nous ne pouvons nous exprimer efficacement au niveau mondial. La structuration de la fonctionnalité européenne et sa représentativité extérieure, sont deux concepts qui appartiennent à l’Union parce qu’ils n’ont aucun sens au sein de la divergence des états. Les positions étatiques sont dépourvues de sens dans ce champ dynamique qui s’appuie sur les principes de la théorie des jeux et de sa généralisation à savoir la théorie des marchés. Le pouvoir décisionnel même s’il est optimal au niveau individuel, n’est absolument pas applicable dans un cadre caractérisé par la multiplicité des joueurs. Aussi nous devons mettre en évidence des équilibres de Nash pour renforcer l’union des concepts et non mettre en avant des états conservatifs.







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