Le bruit qui pense. (Dialogue)

N. Lygeros




- Maître, pourquoi aimez vous tant la musique ?
- Car elle meurt aussitôt qu’elle vit.
- Cela ne vous attriste pas.
- Pour quelle raison ?
- Elle a à peine le temps de vivre.
- Elle a le temps nécessaire pour mourir.
- Est-ce suffisant pour vous. ?
- C’est le problème de la conscience.
- De quelle conscience parlez-vous ?
- De celle de la mort dans la vie, de celle de la vie dans la mort.
- Ces deux notions sont donc si intimement liées.
- Plus que personne ne l’imagine.
- C’est cela que vous entendez dans la musique ?
- C’est cela que j’écoute.
- Vous êtes sans doute le seul.
- A écouter la pensée du bruit ?
- A percevoir son sens.
- Cela change-t-il quelque chose pour la musique ?
- Je ne sais pas. Mais je crois…
- Que crois-tu ?
- C’est sans doute sans importance…
- Alors autant l’avouer.
- L’existence du maître est peut-être une nécessité.
- Pour la musique ?
- Pour que le bruit devienne pensée.
- Tu as raison, c’est sans importance désormais.
- Mais pourquoi désormais ?
- Car la chaîne existe.
- Pour combien de temps encore ?
- Le temps nécessaire







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