Cadre européen et vision arménienne

N. Lygeros




Le paradoxe arménien est de nature européenne. L’Arménie n’appartient pas à l’Union Européenne mais le cadre de son action est avant tout européen. Une manière de résoudre cette situation paradoxale c’est de valoriser l’existence du Conseil de l’Europe auquel appartient l’Arménie. Ainsi le cadre a aussi un pôle. Le problème est la mise en place d’un réseau robuste afin de supporter les attaques négationnistes de l’appareil de propagande de l’état turc. Même si la reconnaissance est un thème central, il n’en est pas pour autant l’unique. Car il est nécessaire de l’intégrer dans le processus de réparation qui comporte entre autre la pénalisation du négationnisme. Ces étapes essentielles sont linéaires par nature mais il est nécessaire de déployer une stratégie de soutien qui développe des processus parallèles. Sinon il est fort à parier que la concentration du front permettra aux fanatiques de l’oubli de concentrer leurs tirs. Or nous devons être conscients que malgré les apparences, peu d’hommes agissent efficacement et dans le sens de la cause arménienne. Il serait aussi nécessaire de repenser le système de forums qui sont sans cesse attaqués et infiltrés. Car à la longue, leur rôle n’est pas nécessairement positif. La trop grande liberté d’expression permet l’impensable. C’est un problème analogue que nous observons dans le système Wiki qui se prétend être une encyclopédie libre. La réalité de la chose démontre que ce titre est totalement usurpé. Alors que nous sommes des fervents défenseurs du logiciel libre que nous utilisons même dans nos recherches les plus pointues. Force est de constater que les articles de ce type de système ne sont pas fiables. Ceci est particulièrement grave pour les données historiques car nous sommes amenés à observer des contestations majeures même sur des faits basiques. Aussi la problématique du génocide des Arméniens est considérée comme conflictuelle. Cela prouve qu’il ne faut pas confondre liberté et permissivité. Le cadre européen permet une vision arménienne. Celle-ci peut se construire sur les groupes de chercheurs, les éditeurs, les défenseurs des droits de l’homme car au sein de l’Union Européenne, ces activités ne sont pas seulement permises et tolérées. Elles sont soutenues. Dans la communauté arménienne nous observons des tendances orientales néanmoins celles-ci ne contribuent pas à la cause arménienne car elles ne sont que des vestiges d’un conservatisme du passé qui n’a eu d’autre résultat que la création des conditions idéales pour la perpétuation du génocide. L’étude des traités signés par l’empire ottoman, les Jeunes Turcs et la Turquie démontre que l’absence de réseau ne permet d’aboutir qu’à des solutions partielles qui finissent malheureusement par converger vers une solution finale. Il ne suffit pas de revendiquer, il faut se donner les moyens et ceux-ci sont nécessairement au dessus des frictions internes. L’Arménie a besoin d’envergure et la cause arménienne de grandeur. Ce sont des points axiologiques qui doivent servir de base aux combattants de la paix.







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