Tragédie arménienne et comédie turque

N. Lygeros




Dans le cadre du projet de loi sur la pénalisation du négationnisme à l’encontre du génocide des Arméniens, il est plus facile de mettre en évidence le système de propagande de l’appareil turc. Il est extrêmement répétitif et même redondant. Il se base essentiellement sur la désinformation pour les Arméniens et la vengeance pour les Européens. Dans les deux cas – la tragédie arménienne et la résistance européenne – la comédie turque est toujours la même. Elle se caractérise par le pathétique de la répartie. L’esprit de vengeance de l’appareil turc ne peut mener nulle part. La Turquie a bien plus besoin de l’Union Européenne que le contraire et ce, même dans le cadre d’un partenariat spécial. Aussi cette comédie autour des questions économiques ne peut être que ridicule. Les accords économiques ont déjà été mis en place et sont indépendants vis-à-vis de l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne. Les aspects géostratégiques de l’entrée ne sont intéressants que pour la Turquie et non pour l’Union Européenne qui affaiblirait grandement sa frontière orientale d’une part et sa structure interne d’autre part. Sur ce dernier point, en raison de leur histoire, l’Autriche et la Hongrie sont extrêmement sensibles. Et il en est de même pour la Grèce et pour Chypre, sans parler de l’Arménie. Le problème de la pénalisation, grâce à son caractère tout à fait concret montre à quel point la Turquie désire l’ingérence dans les pays où se trouvent ses ressortissants. En effet la problématique de la reconnaissance du génocide des Arméniens est d’ordre international car il s’agit d’une condamnation d’un état par un autre même si celle-ci est formelle. Tandis que la pénalisation ne concerne à strictement parler que l’état français. Le problème pour la Turquie, c’est que la pénalisation gêne l’action de sa propagande en territoire étranger. Car grâce à des noyaux durs négationnistes, elle parvient à créer des pressions internes qui ne sont pas directement perceptibles car occultés par les médias. Aussi la pénalisation met à mal cette structure et crée réciproquement une pression en sens inverse puisque la population immigrée ne se sent pas soutenue par la mère patrie. Ceci évidemment est extrêmement négatif pour la Turquie qui aime conserver le contrôle sur ses ressortissants malgré la distance du pays étranger. Mais sans doute le plus pathétique dans cette comédie turque c’est la tentative de voter une loi qui transformerait la guerre d’Algérie en génocide afin de blesser la France en s’attaquant à son image. Cette tentative loin d’intimider les Français, montre à quel point la Turquie se trouve dans une situation désespérée. Car cette menace n’a non seulement pas de sens en soi mais elle va à l’encontre de ce que le droit international nomme génocide aussi elle ne peut parvenir à créer un changement de phase qui pourrait réellement nuire à la France. De manière générale nous voyons de facto que la pénalisation qui ne semble selon certains analystes qu’une simple extension de la loi votée en 2001, remet en cause la structure interne de l’appareil de propagande turc et montre sa fragilité lorsqu’un état de l’Union Européenne décide de protéger les droits de l’homme.







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