Sur les témoignages du génocide des Arméniens

N. Lygeros




Nous ne crierons jamais assez fort l’importance des témoignages du génocide des Arméniens. Certains d’entre eux suffisent à eux seuls pour transformer les enfants de victimes en combattants de la paix, en combattants de la cause arménienne. Pour réveiller les nôtres mais aussi nos alliés, nous ne devons pas nous contenter des témoignages des étrangers. Ils sont certes plus neutres et en termes de droit plus exploitables. Mais les témoignages arméniens ont plus de puissance car ils s’adressent directement à la conscience collective. C’est pour cette raison que nous tenons à remercier spécialement Louise Kiffer qui effectue un effort considérable pour faire connaître ces témoignages sur le génocide des Arméniens. Seulement nous ne devons pas nous contenter de remercier de telles actions, nous devons les encourager et les renforcer. Pour cela, il faut constituer une véritable base de données où les témoignages peuvent être croisés en fonction du lieu et de la date. Cela permettra d’établir une cartographie mentale et avant tout humaine des évènements qui constituent le génocide. De cette manière, nous rendons moins abstraite cette caractérisation de génocide. Il est certes important de gérer cette notion dans le cadre du droit international mais il est tout aussi nécessaire de la rendre concrète auprès de la population. Car la problématique de la pénalisation comme celle de la reconnaissance n’appartient pas seulement au domaine du droit, elle fait aussi intervenir le politique. Or ce dernier est en étroite corrélation avec les connaissances acquises par la population. C’est seulement cette dernière qui peut agir ou réagir sur le politique afin qu’il prenne une décision qui aille dans le sens de la réalité historique. Les témoignages du génocide permettent de donner une dimension humaine via leur caractère local. En effet, rares sont les personnes capables de comprendre un génocide dans toute son envergure car l’inhumain écrase l’humain. Aussi il est nécessaire de les aider à travers des histoires vécues par les survivants du génocide. Il ne s’agit donc pas seulement d’un travail de mémoire collectif pour le peuple arménien mais pour l’ensemble de l’humanité. De plus cette œuvre, car il s’agit bien de cela, permet de constituer un véritable dossier à charge contre les fanatiques et les barbares de la négation. Cet ensemble de dates et de lieux accompagnés par la souffrance humaine ne peut laisser indifférent. Chaque acte de barbarie est transcrit dans la conscience humaine afin de se souvenir et surtout de ne pas oublier l’indicible et son horreur. Si la cause arménienne a un sens celui-ci ne provient pas des honneurs mais de l’horreur. Le peuple arménien a été sacrifié. Mais ce sacrifice doit être connu pour être respecté à sa juste valeur. C’est cela la mission des témoignages du génocide.





















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