Transcription de la lettre de Longeville à Alexandre Carathéodory

N. Lygeros




Paris, le 29 Juin 1899

     Mon Cher Conseiller,

     J’ai eu l’honneur d’adresser à son
Excellence votre Président, la requête ci-
jointe en copie.
     Gardant fidèlement au fond de mon
cœur le souvenir agréable de nos anciennes
relations, je prends la liberté de faire
appel à vos lumières et particulièrement,
à vos sentiments moraux et patriotiques
pour m’aider à faire triompher, inchallah !
l’intérêt bien entendu de l’Etat, fortement
compromis, en l’espèce, par les agissements

 

 

 

manifestement déloyaux et rapaces de concession-
naires membres d’un syndicat étranger, monopoleur
au grave préjudice du Trésor Impérial.
     Je prie Votre Excellence dont l’avis
fait justement autorité au Conseil d’Etat et
en haut lieu (je le sais) de bien vouloir, dans
cette affaire où mon intérêt commun avec celui
d’industriels et capitalistes sérieux et honorables
que je représente se confond avec celui de
l’Etat, de vouloir bien, dis-je, me prêter
son bienveillant et précieux appui qui
contribuera, puissamment, à assurer le
succès de mes démarches.
     Veuillez être assez indulgent pour excuser

 

mon importunité et prêter, avec votre bonne
grâce ordinaire, au vieil Osmanli et ancien
ami, le concours qu’il sollicite de vous, à
ce double titre.
     Je prie Votre Excellence de vouloir bien
agréer, d’avance, l’expression de ma gratitude
et croire à la sincère assurance de mes
sentiments cordialement affectueux et dévoués.

                                   Cte E. P. de Longeville

Rue d’Arras 80

 







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