Sur la pertinence des tests de QI ouverts

N. Lygeros




Une des plus grandes facilités pour les créateurs et les concepteurs de tests de quotient intellectuel, c’est l’exploitation d’un choix multiple. Le choix multiple possède de nombreux avantages. Dans le cadre de la norme, il est toujours plus facile de travailler dans un univers clos. Cela permet d’éviter des réponses inclassables. Le classement des réponses s’effectue de manière simple et la canonisation est purement technique. Si le test est élémentaire comme c’est le cas des tests du type Cattel alors le temps joue le rôle de facteur limitant. Le choix multiple permet aussi de cocher sans avoir à écrire ou à dessiner. Par conséquent, le test est corrigé beaucoup plus rapidement. Tous ces avantages existent cependant ils ne sont pas d’ordre cognitif. Certes ils permettent d’effectuer plus rapidement des mesures sur un concept accepté de manière consensuelle sans pour autant que cela prouve leur validité dans le cas d’une intelligence extrême. En réalité les tests à choix multiples permettent une intervention du hasard, elle est certes minime mais elle ne peut être éliminée.

Pour se rendre compte de la difficulté réelle, il suffit de se rendre compte du pourcentage extrêmement faible des personnes ayant passé avec succès des tests ouverts après avoir passé des tests à choix multiples. Les personnes qui échouent ont des problèmes de conception. Dans le cadre des tests à choix multiples, elles peuvent éliminer des solutions impossibles et avec un peu d’expérience éviter les pièges des distracteurs. Tandis que dans les tests ouverts, il faut entièrement concevoir la solution.

Une étape intermédiaire à franchir c’est d’effectuer classiquement la norme sur un test à choix multiple, puis d’effectuer une autre norme à partir du même test mais cette fois sans donner les choix multiples. Dans cette seconde approche, il existe le point de vue conservatif qui consiste à ne conserver que les réponses qui appartiennent aux choix de la première approche, et l’autre qui tient compte de l’ensemble des réponses données. Le résultat c’est qu’immanquablement, nous trouvons des différences. Et nous observons que la première norme – sur la première approche – surévalue les quotients intellectuels par rapport à la seconde.

Un autre avantage considérable et il est d’ordre cognitif celui-ci, c’est que les tests ouverts opèrent par définition dans un univers ouvert, aussi ils permettent une totale liberté d’action en terme de conception de la part du solveur. Et comme ils évitent toute réponse due au hasard du choix, ils permettent de mieux mesurer l’intelligence dans un contexte libre. Ainsi l’intelligence extrême peut être mise en évidence puisque le filtre est plus sélectif en raison de la plus grande liberté. Il offre aussi l’opportunité d’ouvrir le champ de la méthodologie à l’instar des problèmes ouverts des mathématiques, des mathématiques cognitives et des mathématiques optiques. Ainsi dans le cadre spatial, l’intelligence extrême acquiert un statut robuste.







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