Sur le parachute de Leonardo da Vinci

N. Lygeros




Dans le cadre de ses études sur le vol des oiseaux et la machine volante, Leonardo da Vinci s’est intéressé à la conception du parachute. Ce point est somme toute naturel car dans ses recherches, il énumère tous les conseils possibles pour éviter l’accident en cas d’incident. C’est dans le Codex Atlanticus que nous retrouvons des références ainsi que des croquis au sujet du parachute.

« Si un homme a une tente de toile dont toutes les ouvertures ont été bouchées, et qui mesure douze brasses de largeur sur douze de profondeur, il pourra se jeter sans dommage de n’importe quelle altitude. »

Nous remarquons tout d’abord que Leonardo da Vinci ne se contente pas de donner le principe du parachute, il précise les dimensions de la toile. Ceci peut être une preuve indirecte d’une expérimentation effective. Par contre, sa remarque finale est plus audacieuse car son schéma mental est indépendant de l’altitude. Cette fois, il s’agit nécessairement d’une extrapolation. Ainsi il est nécessaire d’étudier les valeurs données. De plus, le parachute de Leonardo da Vinci n’est pas de type circulaire mais carré. Enfin, il précise le problème de la résistance.

« Si tu veux vérifier le poids que pourra supporter cette aile, place-toi sur un côté de la balance et mets sur l’autre un poids correspondant, en sorte que les deux plateaux soient à un niveau égal dans l’air ; si ensuite tu te fixes au levier où se trouve l’aile et que tu coupes la corde qui la maintient levée, tu la verras soudain tomber ; et si deux unités de temps lui sont nécessaires pour tomber d’elle-même, tu la feras tomber en une seule, en empoignant le levier avec tes mains, et tu confèreras tant de poids au bras opposé de la balance que les deux deviendront égaux en force ; et quel que soit le poids de l’autre plateau, l’aile en supportera autant en volant, et d’autant plus qu’elle comprime plus vigoureusement l’air. »

Cette méthode indirecte permet effectivement de répondre partiellement au problème dans des conditions idéales qui ne tiennent pas compte du gradient de la température. Il exploite l’idée d’unité de temps afin de la diviser en deux tout en restant dans le entiers. Enfin il effectue un principe d’équivalence, fait qui prouve qu’il a connaissance du concept action-réaction bien avant que celui-ci ne soit énoncé par Isaac Newton. Il exploite de plus la technique de l’aile asymétrique comme le montrent les passages suivants extraits du carnet B.

« Système selon lequel l’aile en montant est toute perforée, et unie lorsqu’elle retombe. »

« Système pour que l’aile en s’élevant reste percée, et qu’en tombant elle soit unie. »

Cet ensemble de considérations montre que Leonardo da Vinci s’intéressait effectivement au principe du parachute et pas seulement du point de vue théorique. Il recherche effectivement un moyen sûr pour éviter la chute. Ce qui entre dans le cadre plus général de sa recherche sur les moyens d’éviter les accidents dans l’air.







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