Sur le traité sur le vol de Leonardo da Vinci

N. Lygeros




Le Traité sur le vol de Leonardo da Vinci même s’il n’est pas achevé comme Le Traité sur la peinture, dispose d’une architecture complète. Comme le précise son auteur : « J’ai divisé le Traité sur les oiseaux en quatre livres ; le premier traite de leur vol par battement d’ailes. Le second de leur vol sans battement d’ailes et à la faveur du vent ; le troisième, du vol en général, tel celui des oiseaux, chauves-souris, poissons, animaux et insectes ; le dernier, du mécanisme de ce mouvement. »

Dans cette première note, nous désirons mettre en évidence les capacités d’observation de Leonardo da Vinci mais aussi ses raisonnements sur des exemples concrets.

Capacité d’observation statistique
« Les plumes qui sont plus éloignées de leurs attaches seront les plus flexibles. »

Capacité de raisonnement visuel
«  […] les os de l’aile seront toujours plus bas que toute autre de ses parties quand l’aile est brisée ; et quand elle est levée, ils seront plus hauts qu’aucune de ses parties. »

Capacité d’observation dynamique
« Quand l’oiseau veut s’élever en battant des ailes, il remonte les épaules et ramenant à soi les pointes de ses ailes, il en vient à condenser l’air interposé entre ces pointes et sa poitrine ; et la pression de l’air relève l’oiseau. »

Capacité de raisonnement projectif
« Dans une machine volante, l’homme (doit) rester libre depuis la taille jusqu’en haut, pour pouvoir conserver l’équilibre comme il fait en barque, de telle sorte que son centre de gravité et celui de son appareil puissent s’équilibrer et se déplacer au besoin par un changement du centre de résistance. »

Capacité d’observation spécifique
« Le milan et les autres oiseaux qui battent modérément des ailes, quêtent le courant du vent ; s’il souffle haut, on les voit à grande altitude, et s’il souffle bas, ils se tiennent bas. »

Capacité de raisonnement prévisionnel
« Le mouvement de l’oiseau (ici il faut comprendre machine volante) doit toujours s’effectuer au dessus des nuages afin que l’aile ne se mouille point et qu’il découvre une plus vaste étendue, et aussi pour fuir le danger des révolutions des vents. »

Nous constatons à l’aide de ces exemples tous tirés de Sul Volo que Leonardo da Vinci examine systématiquement les caractéristiques génériques du modèle réel afin d’en extraire des schémas mentaux pour sa modélisation abstraite. Néanmoins celle-ci est toujours mise à l’épreuve de l’expérience afin de tester sa robustesse en tant que solution au problème technique du vol. L’analyse de Leonardo da Vinci s’effectue toujours dans un cadre synthétique et systématique. Il ne s’agit pas d’étudier des points particuliers pour le plaisir d’une taxinomie statique. Ces points sont toujours réunis dans le même état de pensée afin de servir d’éléments et de substrat à une nouvelle création. L’invention est le produit de l’observation, de l’adaptation, de la décontextualisation et de la créativité comme le montre le Traité sur le vol.







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