Plus tu connais de langues, plus tu es humain

N. Lygeros





Le cadre de l’Union Européenne permet par définition la notion de diversité. Il n’est donc pas étonnant que celle-ci soit applicable au problème linguistique. Même si certains d’entre nous persistent à voir dans l’Union Européenne une réplique difforme du système américain, force est de constater la différence profonde qui sépare ces deux entités. C’est dans ce sens que nous observons une approche plus humaine en ce qui concerne le langage puisqu’il ne s’agit pas de mettre en place un monolinguisme dictatorial. La diversité de l’Union Européenne dans ce domaine s’étend bien au-delà des états-membres qui la constituent puisque ces états peuvent demander la reconnaissance d’une langue communautaire a priori étrangère à ce pays en tant que langue européenne. C’est ainsi que l’arménien est devenu langue européenne - selon les statuts de l’Union Européenne car du point de vue linguistique cette langue est bien évidemment indo-européenne – grâce à la requête de la Hongrie au moment de son adhésion à l’Union Européenne en 2004. Ainsi il ne s’agit aucunement d’un protectionnisme linguistique de la part de l’Union Européenne ou de ses états-membres. Au contraire, c’est bien une application du principe de diversité. Nous sommes donc dans une approche radicalement différente par rapport au monolinguisme américain. De manière plus profonde, ce principe permet d’avoir un apport en matière de sciences cognitives puisque la manipulation simultanée et concertée de différentes langues joue un rôle essentiel dans le développement de la pensée humaine. En effet chaque langue, chaque dialecte n’évolue pas seulement dans le contexte linguistique, son champ est plus vaste et il comporte des éléments plus difficilement codables et par conséquent décodables. Par conséquent la maîtrise de différentes langues permet d’acquérir une plus grande ouverture d’esprit et c’est en ce sens que nous pouvons qualifier cette maîtrise multilinguistique d’élément moteur dans le processus d’humanisation. Car nous ne naissons pas des hommes, nous devenons des hommes. Initialement nous ne sommes que des entités intelligentes. Puis via la mémoire, ce morceau d’humanité, attaché à notre intelligence, nous évoluons pour devenir ce que nous nommons hommes. Aussi le développement multiforme de nos capacités cognitives ne peut que se renforcer par l’apprentissage de langues. En offrant différentes cultures à notre mentation nous pouvons comprendre de manière plus efficace et surtout plus humaine le mode de pensée des hommes qui nous entourent. Aussi il est alors possible de comprendre à travers cette composante linguistique la souffrance des peuples qui ont subi une tragédie. Car dans la langue que nous apprenons, nous découvrons des schémas mentaux qui nous permettent d’inventer pour compresser, et de compresser pour comprendre. Cela montre enfin, que l’Union Européenne n’est pas seulement un système commercial et étatique, mais aussi et avant tout une structure qui s’attache aux peuples. A travers nos langues, l’Union Européenne représente l’Union des peuples et non seulement celle des Nations.







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