Enrichissement versus diversification

N. Lygeros




Dans le cadre de l’enseignement normal et canonique, l’enrichissement apparaît toujours comme la solution idéale pour répondre à la demande des enfants précoces. Cette tendance démontre l’incompréhension fondamentale de la notion de surdoué. L’enfant précoce n’est pas simplement un enfant qui répond plus rapidement à des questions conventionnelles même si celles-ci sont sensées être d’une profondeur donnée. En réalité, l’enfant précoce ne répond pas à des questions conventionnelles car bien souvent elles ne correspondent pas à ses centres d’intérêts ne serait-ce que parce qu’elles ne correspondent pas à sa vision du monde et, plus cognitivement parlant, à sa mentation. De plus, lorsque l’enfant précoce répond, ce n’est jamais de manière purement conventionnelle aussi pour un professeur classique son rendement est considéré comme faible, sans se rendre compte que c’est la question qui a un faible rendement dans les rapports. L’enrichissement de l’enseignement n’est que l’application d’un raisonnement uniforme dans un contexte conventionnel aussi son adéquation avec la demande de l’enfant précoce ne peut être qu’inefficace. L’enrichissement est une forme positive du soutien scolaire. Seulement dans le cas de ce dernier la cible cognitive est facile puisqu’il s’agit du niveau scolaire normal. Alors que par l’enrichissement, le point facile ne peut être que le point de départ. Le point d’arrivée ne peut être unique et il est de façon intrinsèque inconnu. Enfin l’enrichissement présuppose des lignes directrices claires dans le sens de la largeur i.e. étendue du spectre des matières traitées, ou dans le sens de la profondeur i.e. spécialisation du centre d’intérêt. Néanmoins les besoins de l’enfant précoce sont radicalement différents. Car bien souvent il a un spectre large de centres d’intérêts, et ces derniers comportent des points qu’il sait traiter en profondeur. Aussi l’enrichissement de l’enseignement normal ne peut lui apporter aucun bénéfice supplémentaire car il ne gère pas la caractéristique du surdoué à savoir le changement rapide de centres d’intérêts. L’enfant précoce n’a pas besoin d’enrichissement mais de diversification. Les approches doivent être diversifiées afin de prendre en compte les caractéristiques du raisonnement non uniforme, afin de gérer des problèmes où l’intelligence est nécessaire. Tout doit démarrer à partir de l’intelligence fluide afin que la structure cognitive ait un noyau dur stable grâce à sa fluidité et sa flexibilité. La structure de l’enseignement doit être nécessairement ouverte pour permettre à l’enfant précoce de s’exprimer dans le sens souhaité et non imposé. La diversification ne se contente pas d’enrichir l’enseignement classique, elle offre d’autres approches et surtout d’autres heuristiques aussi elle déborde de l’enseignement. Le seul problème de la diversification, c’est le professeur lui-même. Car dans ce nouveau cadre, résolument non uniforme, le professeur ne peut être seulement conventionnel. En réalité, le professeur doit être un mentor dont l’art essentiel c’est de maîtriser la négociation noostratégique. Celle-ci exploite ses connaissances dans le domaine de la noosphère et utilise de manière efficace des schémas mentaux que nous retrouvons en stratégie qui doit être considérée comme l’art du paradoxe. Car seul le paradoxe peut venir à bout de l’absurdité de l’enseignement classique pour les enfants précoces.







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