Axiologie et civilisation

N. Lygeros




En considérant les civilisations comme un élément intermédiaire entre les sociétés et l’humanité, il est nécessaire de les examiner du point de vue axiologique afin d’identifier dans un modèle théorique abstrait les valeurs qui les caractérisent. Pour cela, nous considérons qu’il est essentiel de situer l’observateur. Celui-ci ne doit pas être extérieur comme s’il jouait un rôle de démon au sens de Maxwell ou d’un dieu omniscient car ce point de vue ne serait tout simplement pas scientifique puisque nous ne pourrions appliquer le critère du falsifiable de Popper. Il doit être donc analogue à un observateur au sens d’Heisenberg. Il n’est pas indépendant de ce qu’il doit « mesurer » mais il est tout de même générique et de cette façon nous pouvons obtenir des résultats universaux et intrinsèques. Pour les valeurs proprement dites, il n’est pas nécessaire de leur donner la même importance, il suffit qu’elles soient équivalentes du point de vue de l’axiomatique mais non de la théorie que produit ce modèle. Certains axiomes produiront donc des théorèmes que nous considèrerons comme plus puissants en fonction de leur rôle dans le noyau central de la théorie et de leurs applications. Ils permettront ainsi d’établir des critères cohérents sans être pour autant normatifs. Cette axiologie sera centrée sur la notion d’humanité afin d’absorber des résultats dans le domaine du droit comme la notion de crime contre l’humanité ou crime de guerre. Par contre, il ne s’agit pas simplement d’incorporer les acquis de penseurs du siècle des lumières ou de la révolution comme cela serait indiqué pour la France. Le cadre doit être nécessairement beaucoup plus large pour englober non seulement des acquis sur le plan européen - si nous voulions être synchroniques - mais mondial. En réalité cet élargissement du cadre doit être aussi diachronique car les civilisations sont ancrées dans le temps et ce, afin d’identifier des schémas mentaux ou même des structures ouvertes qui ont influencé ou même produit un impact sur l’humanité. Car ainsi que nous l’avions proposé dans notre M-classification le critère axiologique principal de l’apport, c’est celui de l’humanité. Il est possible que certaines civilisations aient créé des systèmes extraordinaires ou rares mais le plus important c’est de savoir s’ils ont engendré une suite dans l’histoire de l’humanité ou peut-être s’ils pensent le faire. Nous nous retrouvons dans un cadre qui représente l’extension de notre mentation sur les surdoués, les génies et les génies universels tout en conservant le critère principal à savoir l’apport pour l’humanité. Cela ne peut pas dire pour autant que certains critères secondaires ne seront pas exploitables. Cependant même si nous plaçons cela dans un cadre dynamique, les bassins d’attraction des attracteurs-valeurs ne doivent pas être rigoureusement identiques. Et cette géométrie globale sera révélatrice de l’entité que nous nommons humanité. Ainsi les civilisations à travers l’axiologie peuvent permettre de conceptualiser plus clairement non seulement la notion d’humanisme mais celle qui est bien plus abstraite à savoir celle d’humanité.







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