De la linéarité sociale à la polycyclicité humaine

N. Lygeros




La société qui est construite sur le système et qui s’appuie sur la masse, a une forte tendance à augmenter l’importance du présent afin de minimiser le rôle du passé et par conséquent du futur. De cette manière, elle linéarise le temps afin de ne s’intéresser qu’au jour et au lendemain. Elle exploite cette généralisation dégénérée afin de ne pas avoir à traiter des informations créatives. En réalité elle considère la tangente du cycle de la civilisation. Aussi cette dernière peut être interprétée comme l’enveloppe convexe d’un ensemble de droites qui correspondent aux temps des sociétés ou plutôt aux présents de celles-ci car il ne s’agit pas d’un cycle diachronique. Dans ce cadre, la civilisation apparaît comme un élément qui n’émane pas de la société comme le voudrait certains sociologues mais qui domine par son caractère hypersocial les différentes sociétés qui l’ont constitué et qui le constituent. Elle représente aussi un intermédiaire entre la société et l’humanité. Ainsi elle simplifie la compréhension de cette distinction fondamentale et rend plus formelle la construction de la notion de l’humanité qui est polycyclique. Nous avons donc une structure descendante : polycyclicité-humanité, cyclicité-civilsation et linéarité-société. La linéarité sociale est donc la tangente d’un cycle de la polycyclicité de l’humanité. Cette structure n’est pas centrée sur la notion d’homme mais d’humanité. Par contre, elle ne joue pas un rôle dominant même s’il est déterminant. Au niveau local, la société est toujours dominatrice car elle doit imposer son système pour survivre le plus longtemps possible grâce à l’inertie de la masse. La notion de civilisation ne peut donc apparaître que grâce à celle de génies dont le réseau sans être pour autant organisé suffit pour l’engendrer. Avec la disparition de ceux-ci, la civilisation ne peut que s’éteindre. Le problème est plus délicat avec les génies universels puisque ceux-ci appartiennent via leur caractéristique principale à savoir l’impact produit sur l’humanité, à plusieurs cycles. En d’autres termes leur existence via l’impact permet aussi de changer de civilisation. Tels des singularités multiples, les génies universels représentent des points nodaux où s’intersectent les cycles des civilisations. Et c’est en ce sens qu’ils sont structurellement parlant polycycliques. Tandis que les génies sont cycliques dans ce cadre. D’une certaine manière, via leur aspect caméléonien, ils vivent plusieurs existences aussi bien en termes de droites élémentaires que de cycles unitaires. Les uns sont les éléments uniques et éphémères du magma de Castoriadis, tandis que les autres sont les éléments diachroniques qui produisent les schémas mentaux de la structure que nous nommons humanité. Dans ce cadre, nous retrouvons d’une manière différente les principes énoncés dans notre article M-classification. La civilisation sert cette fois de fonction caractéristique qui construit un cadre catalytique pour concevoir de manière intrinsèque la notion d’humanité.







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