Le Luxembourg, un creuset européen

N. Lygeros




e Luxembourg est foncièrement européen dans tous les sens du terme.

Tout d’abord structurellement parlant. Etat instigateur de la structure du Benelux, le Luxembourg devient membre de la CECA en 1981 – il abritera d’ailleurs son siège provisoire – et de la CEE en 1957. Il est aussi le siège d’institutions européennes comme le secrétariat du Parlement européen, la Cour de Justice depuis 1968 et de la Banque européenne d’investissements depuis 1977. Mais il est aussi le lieu de résidence de la Cour des comptes européens et d’Eurostat.

Ensuite par la composition de sa population qui est comme le montrent les chiffres, extrêmement tolérante vis-à-vis des étrangers puisque ces derniers représentent plus du quart de la population. Les étrangers du Luxembourg sont des européens puisqu’il s’agit dans l’ordre décroissant du nombre, de Portugais, d’Italiens, de Français, de Belges, d’Allemands, d’Anglais et de Néerlandais. Ainsi de ce point de vue, le Luxembourg est une véritable micro-Europe.

Enfin du point de vue historique, le Luxembourg est à ce point imbriqué dans l’histoire de l’Europe qu’il serait difficile de parler de lui sans parler d’elle. La simple lecture des noms des traités qui ont géré son histoire suffit à éclairer le plus ignorant dans le domaine européen.

1659 : Traité des Pyrénées
1697 : Traité de Ryswick
1713 : Traité d’Utrecht, Rastadt et Bade
1737 : Traité de Campoformio
1831 : Traité des 24 articles

Tout au long de son histoire, le Luxembourg a eu des échanges aussi bien avec les Espagnols, les Néerlandais, les Français, les Belges et les Allemands, néanmoins malgré toutes ces influences, il a su garder son identité et cela représente à lui seul une magnifique démonstration pour l’ensemble de l’Union Européenne. Un petit pays n’est pas inexorablement condamné à être absorbé par des grands pays. De plus, l’histoire récente montre que le cadre de l’Union Européenne permet le développement serein d’une petite structure sans que cette dernière soit nécessairement altérée. Au contraire, le Luxembourg si européen par nature, s’est magnifiquement structuré tout au long de ces années grâce à sa politique européenne. Sa culture tout entière ne pourrait être qualifiée autrement que par le mot européen, pourtant le luxembourgeois n’est ni français, ni allemand ni belge. Il est citoyen européen mais il défend sa culture et aussi sa langue comme le démontre clairement le décret de 1984. En effet, le lëtzebuergesch, ce dialecte moyen-allemand avec de nombreux mots français et qui était surtout parlé, est devenu effectivement langue nationale. Là encore, le Luxembourg démontre par son existence que le fait d’être européen ne modifie pas son identité mais qu’au contraire il permet de le révéler dans un monde qui par ailleurs ne cesse de s’uniformiser. C’est donc dans ce creuset, le Luxembourg, que nous pouvons voir l’avenir de l’Union Européenne.







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