Ultima voce !

N. Lygeros

Traduit du Grec par A.-M. Bras




Rien n'est sûr. Pas même la vie ! (un temps)

L'argument de Descartes ne suffit pas. (silence)

Il nous faut d'abord souffrir pour exister. Mais dans ce cas pourquoi existons-nous ?

Quel est le but ?

Dieu ? (un temps) Non ! (un temps) Il s'est déjà suicidé… (silence)

Nous sommes encore restés seuls…

L'homme ? (un temps) Non ! (un temps) La société l'a assassiné !

Que nous reste-t-il alors ?

Nous sommes un rien… Même pas le rien… Un rien seulement. (silence)

Mais ce rien peut faire le tout !

Espoir ? (silence) Non ! (silence) Nécessité !

Oui ! Nécessité !

Rien n'est fortuit… Tout est nécessité. (un temps)

Mais pour qui ?

Nous, nous ne sommes pas. Qui est ?

Celui qui a ? (un temps) Non ! (un temps) Celui qui n'a rien à perdre.

Et l'humanité ?

Nous sommes dans ses vides. (un temps)

Nous sommes les signes extrêmes de la multiplicité. Les spécificités ! (silence)

Seuls depuis le début.

Ceux qui vont mourir.

Nous vivons pour mourir.

Au commencement la mort.

Il faut que nous mourions d'abord. C'est seulement ainsi que la mémoire gagne le combat.

Le combat de l'oubli. La mémoire est un morceau d'humanité clouée dans notre intelligence.

Et l'intelligence dans le néant.

Téléologie de notre ontologie.

Nous sommes notre fin.

Système polycyclique. C'est le schéma mental.

Et le signe d'un rapport. (un temps) L'humanité.

Rien d'autre ? Non, rien.

Mais qui entendra le message ? A-t-il un sens ? Il a celui que nous lui donnerons.

La correspondance du zéro.

Sans crise extérieure.

Nous sommes libres. (un temps) Libres car seuls. (un temps)

Avec la liberté, le travail crée l'être.

Pour la nécessité !

Rien d'autre.

Il faut que nous écoutions les morts… (silence)

Ultima Voce !







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