Evariste Galois et Frédéric Marty : créateurs des groupes et des hypergroupes

N. Lygeros




Sans même rechercher systématiquement des points similaires entre Evariste Galois, le créateur de la théorie des groupes et Frédéric Marty, le créateur de la théorie des hypergroupes, nous ne pouvons manquer de remarquer des points communs. En effet, tout d’abord, ils sont tous les deux français, mais cela pourrait être la conséquence de l’œuvre de l’un pour inciter l’activité de l’autre. Ils se sont tous les deux intéressés à l’algèbre pour comprendre des problèmes provenant d’équations polynomiales et rationnelles. Ils ont tous les deux créé des notions fondamentales pour l’algèbre alors que d’autres mathématiciens plus expérimentés travaillaient sur ces sujets et qu’eux-mêmes étaient très jeunes. Galois est né en 1811 et il a créé sa théorie en 1832 qui fut aussi l’année de sa mort dans un duel. Marty est né en 1911 et il a officiellement annoncé sa théorie en 1934. Aussi bien leurs dates de naissance qui sont exactement séparées de 100 ans que leurs dates de créations de leurs théories respectives sont proches et ils sont tous les deux morts de manière tragique et prématurée. Ce qui intrigue aussi c’est que leur élan créatif n’a pas été arrêté par les évènements historiques de leurs époques bien que ceux-ci aient marqué l’histoire de France. De plus tous les deux, bien qu’ils aient côtoyé de grands mathématiciens, Cauchy pour Galois et Ahlfors pour Marty, ils sont morts pour ainsi dire inconnus et c’est grâce à l’intervention de Joseph Liouville pour le premier et de Marc Krasner pour le second que nous avons fini par découvrir leurs œuvres respectives. Alors que tout le monde recherchait la clôture d’un domaine de recherche, tous les deux ont ouvert la voie avec des structures ouvertes capables de supporter des généralisations successives et des applications innombrables. Ils ont donc tous les deux traversé le monde des mathématiques comme des météores au risque de ne pas être compris et donc reconnus si d’autres mathématiciens sans doute plus classiques mais de grande envergure ne leur avaient pas permis de renaître dans le monde mathématique. Ils représentent tous les deux des formes de paradoxes terminaux qui malgré leur créativité n’auraient pas constitué un apport en algèbre et en mathématiques de manière générale si le temps n’avait pas permis la compréhension ultérieure de leur œuvre. Ils mettent ainsi tous les deux en évidence la sauvegarde de la mémoire même si celle-ci n’est pas entièrement comprise par l’époque qui l’a fait naître. Ces deux futurs des mathématiques enclavés dans le passé, ne nous sont connus que grâce à la compréhension de la mémoire qui a transcendé les frontières de la vie pour offrir son présent à l’ensemble de la communauté du futur.







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