L’historique de la
découverte de la fonction rationnelle de C. Carathéodory et L.
Féjer, débute avec la publication de l’article de J. Jensen
intitulé Sur un nouvel et
important théorème de la théorie des fonctions paru
dans Acta mathematica, tome XXII, p. 357-364, en 1899. Dans cet article,
grâce à des considérations sur le potentiel logarithmique,
J. Jensen parvient à trouver une solution implicite au problème
suivant.
Problème : Quelle
est parmi toutes les fonctions de variable complexe f (z), holomorphes
à l’intérieur du cercle
, prenant pour z = 0
la valeur donnée A et
s’annulant aux points
, celle dont le maximum M
de la valeur absolue à l’intérieur du cercle est le plus petit
possible ?
Dans le cadre établi par
le résultat de J. Jensen, il n’existe pas de fonction explicite. Alors
que la recherche de C. Carathéodory et L. Féjer adopte un autre
point de vue. Celui-ci est élémentaire quant à sa
méthodologie et efficace quant au résultat.
En utilisant les points
conjugués de
par rapport au cercle
, ils forment l’expression

Pour chaque fonction solution du problème, on peut
écrire :
.
Q (z) est également holomorphe
à l’intérieur du cercle et de plus :
or
donc 
Comme la valeur absolue de Q (z) est constante
sur le cercle
, ils écrivent

Ainsi 
or 
Ils obtiennent de cette manière
élémentaire l’inégalité de J. Jensen à
savoir :

Cependant ils ont de plus la solution explicite du
problème initial :

C’est cette solution que nous
appellerons désormais la fonction rationnelle de Carathéodory et
Féjer. Ils remarquent enfin dans leur article que cette valeur M est optimale même si les
fonctions régulières sont remplacées par des fonctions
entières. De cette manière, Carathéodory et Féjer
ont, via l’élémentarité de leur démonstration,
précisé la véritable complexité du problème
en dehors de l’appareil technique du potentiel logarithmique.