Transcription de la lettre d'Angela Armenante à Alexandre Carathéodory (Mai 1878)

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Rome le Mai 1878

Monseigneur

Pour satisfaire à une volonté de
mon fils bienaimé[e] Angelo qui disait
toujours de vouloir vous envoyer une co-
pie de son dernier ouvrage d’Anatolica
que je viens aujourd’hui d’accomplir ce
devoir et de vous le remettre par le même
courrier. Cher Monseigneur, Vous, qui
avez été toujours un de[s] ses meilleurs
amis et qui avez su apprécier ses talents,
certainement vous apprendrez avec bien
de{=du} chagrin la perte que je viens de
faire de ce[t] fils, qui était le soutien de
ma vieillesse et de sa pauvre sœur.
     Je vous assure que dans sa mala-
die de trois mois environ[s] rien {n’} a été né-
gligé pour son rétablissement, mais
le mal était trop sérieux pour en ve-
nir à une gu[e]rison et il a dû succom-
ber.
     La perte que nous venons de faire
particulièrement moi et sa sœur est


trop sérieuse et nous pouvons presque dire
que nous sommes restées dépourvues de
tout, ce que nous avions et qu’il
a laissé, a été tout rendu pour faire
face aux engagements qu’il avait, et
afin que personne n’aie un mot à
dire contre le nom de mon fils qui était
le bienaimé des ses amis et coll{è}gues.
     Cette perte est trop sérieuse pour moi
pour ne pas laisser de prier ses meil-
leurs amis de venir en mon secours.
     Tout ce qu’on fera pour moi sera
une satisfaction pour le nom de mon
fils et un soulagement au{=à la} douleur
que cette perte m’a causée et [que]
jamais {ne} s’effacera de ma vie.
Acceptez Cher Monseigneur le livre


de mon fils bienaimé comme un gage
de l’estime et de la considération qu’il
avait de vous, recevez en m[e]me temps,
je vous prie l’assurance de mon profond
r[é]spect avec lequel je me professe.

Vôtre très d[e]vouée
Angela Armenante

mon adresse [«] aux soins de Mr Le Professeur Bodio
373 Via Nazionale.
Rome.

A son Excellence
Alexandre Effendi Carathéodory
Sous Secrétaire d’Etat au Ministère
Des Affaires Etrangères
Co[n]stantinople